Maison

Comment coller du placo sur un mur avec du mortier adhésif, étape par étape

Ouvrier debout vissant des plaques sur une cloison neuve

Fixer du placo directement sur un mur, sans rails ni ossature, c’est possible grâce au doublage collé. La méthode séduit les bricoleurs parce qu’elle prend peu de place, demande peu d’outils et donne une cloison de doublage plane si le support s’y prête. Voyons comment s’y prendre, du choix du mur jusqu’aux joints.

Le placo collé : principe, avantages et limites

Le principe tient en une phrase : on dépose des plots de mortier adhésif (la fameuse colle MAP, à base de plâtre) sur le mur, puis on plaque la plaque de plâtre dessus et on la règle au niveau. Le tout se fait en cinq temps : préparer le support, tracer les repères, découper les plaques BA13, appliquer les plots, puis poser et ajuster chaque plaque avant la prise de la colle.

L’avantage principal, c’est le gain de place : on perd environ 1,5 à 2 cm d’épaisseur de pièce, contre 5 à 7 cm avec une ossature métallique. Le chantier est aussi plus court. La limite vient du mur lui-même : le collage corrige de petits défauts de planéité, pas un mur très bosselé, ni un mur humide.

Plots tous les 30 à 35 cm : les repères chiffrés à garder en tête

Comptez environ 10 plots de colle par mètre carré, d’un diamètre proche de 10 cm, espacés de 30 à 35 cm. Laissez un jeu d’environ 1 cm en périphérie de la plaque (surtout en pied). La colle MAP laisse quelques dizaines de minutes pour régler la plaque, selon le produit (la notice fait foi). Comptez ensuite 24 à 48 heures de séchage avant de passer aux joints.

Matériel et colle nécessaires pour coller du placo

Côté fournitures, il faut des plaques de plâtre BA13 (13 mm d’épaisseur, la référence en rénovation) et un sac de mortier adhésif en poudre, à gâcher avec de l’eau propre. Prévoyez aussi une bande à joint et un enduit de finition pour la suite. Si le support est poreux ou poussiéreux, ajoutez un primaire d’accrochage.

Pour les outils, un cutter à lame rétractable, une règle de maçon d’au moins 2 m, un niveau à bulle, un cordeau ou un crayon pour le traçage, un mètre, un maillet à tête caoutchouc, un seau et un malaxeur suffisent. Un petit lève-plaque ou deux cales de bois de 1 cm aident à soulever la plaque en pied. Quant à l’isolant, comme la laine de roche pour l’isolation phonique, il se colle à part si vous visez un doublage isolant (dans ce cas, achetez des complexes de doublage déjà assemblés).

Préparer le mur avant de coller les plaques

Ouvrier brossant une cloison grise avec une brosse metallique

Le support détermine la réussite du chantier. Il doit être propre, sec, sain et relativement plan. Brossez le mur, retirez la poussière, les traces friables, la peinture écaillée et les anciens revêtements qui sonnent creux. Rebouchez les trous importants à l’enduit et laissez sécher.

Mur en béton, parpaing ou brique

Un mur en béton, en parpaing ou en brique est le cas idéal, à condition d’être sec et sans salpêtre. Sur un béton lisse ou très peu poreux, un primaire d’accrochage améliore l’adhérence de la colle. Sur un parpaing brut ou une brique, un simple dépoussiérage suffit le plus souvent. Pour vérifier la planéité, passez la règle de maçon sur le mur : un écart de quelques millimètres se rattrape avec les plots, au-delà d’un à deux centimètres, il vaut mieux passer à une ossature.

Mur humide, abîmé ou irrégulier

Un mur humide ne doit jamais recevoir de placo collé : la colle perdrait son adhérence et la plaque finirait par gonfler. Il faut d’abord traiter la cause (infiltration, remontée capillaire, fuite) et attendre l’assèchement complet. Un mur irrégulier ou farineux demande, lui, soit un ragréage ou un enduit de dégrossissage, soit un autre mode de pose.

Les étapes pour coller du placo sur un mur

Une fois le support prêt, suivez cet ordre. Il évite la plupart des retours en arrière.

  1. Tracez au sol et au plafond la ligne d’implantation des plaques, puis reportez l’aplomb au niveau ou au cordeau.
  2. Découpez les plaques avec le cutter : entaillez le carton côté face, cassez la plaque sur un genou ou un chant de table, puis coupez le carton du dos. Prévoyez une hauteur inférieure d’environ 1 cm à la hauteur sous plafond.
  3. Gâchez la colle MAP jusqu’à obtenir une pâte ferme, sans grumeaux, et préparez de petites quantités à la fois.
  4. Déposez les plots sur le mur (ou sur la plaque) : environ 10 par m², en quinconce, tous les 30 à 35 cm, avec une rangée le long des bords.
  5. Posez la plaque sur ses cales en pied, plaquez-la contre le mur et appuyez doucement, sans l’écraser d’un coup.
  6. Réglez à la règle de maçon et au niveau en tapotant avec le maillet, jusqu’à obtenir une surface plane et d’aplomb. Faites-le dans la fenêtre de réglage indiquée sur le sac.
  7. Posez les plaques suivantes en serrant bien les chants, sans forcer, puis laissez sécher 24 à 48 heures avant tout joint.

Pour les prises électriques, découpez les réservations à la scie cloche avant de poser la plaque, en les repérant au crayon. Et n’enlevez les cales du bas qu’une fois la colle sèche : le jeu en pied sera masqué par la plinthe.

Jointoyer et finir : bande à joint, enduit et ponçage

Une fois la colle bien prise, on passe aux joints. Appliquez un premier enduit sur la jonction des plaques, noyez-y la bande à joint avec un couteau à enduire, puis recouvrez, en suivant si besoin notre méthode pour poser des bandes de placo pour joints invisibles. Les angles sortants demandent une cornière, les angles rentrants une bande pliée.

Après le premier passage, laissez sécher, puis appliquez une deuxième couche plus large et une troisième d’enduit de finition, en élargissant à chaque fois de quelques centimètres pour fondre le relief. Le ponçage vient en dernier, avec un abrasif fin et un éclairage rasant pour repérer les défauts. Un coup d’éponge humide ou de chiffon retire la poussière avant la peinture.

Coller sur un vieux placo ou sur un mur douteux : les cas à part

Sur une cloison en placo existante, le collage est possible si elle est saine, bien fixée et dépoussiérée, mais il faut en général poncer le papier ou appliquer un primaire d’accrochage. Sur un mur humide, ne collez rien tant que la cause de l’humidité n’est pas traitée et que le mur n’est pas sec. Sur un mur très irrégulier, la pose sur ossature métallique reste plus fiable.

Erreurs à éviter et alternatives au collage (rails, ossature)

Ouvrier avec perceuse vissant une plaque sur montants

Les erreurs les plus courantes tiennent à la colle et au support. Poser sur un mur poussiéreux, humide ou peint à la peinture écaillée fait échouer l’adhérence. Utiliser trop peu de plots ou les espacer de plus de 40 cm fragilise la fixation, et une colle gâchée trop liquide ne tient pas la plaque. Autre piège : coller la plaque directement au sol, sans jeu en pied, ce qui transmet l’humidité du sol et empêche de dilater.

Il faut aussi éviter de marteler trop fort une plaque dont la colle a déjà commencé à prendre. Passé la fenêtre de réglage, mieux vaut la décoller et la reposer. Enfin, ne sautez pas la phase de séchage avant les joints : des fissures apparaissent sinon sur les jonctions.

Si le mur ne convient pas, deux alternatives existent. La pose sur rails et montants métalliques (ou sur tasseaux de bois) rattrape les défauts importants et laisse la place à un isolant, qu’il s’agisse de laine de verre ou de roche. Le tableau suivant aide à trancher.

État du mur Méthode conseillée
Béton, parpaing ou brique sec, quasi plan Collage par plots de colle MAP
Mur irrégulier (écarts de plus de 2 cm) Ossature métallique et rails
Mur humide ou salpêtré Traiter d’abord, puis ossature avec isolant adapté
Besoin d’isoler fortement Rails et isolant, ou complexe de doublage collé
Vieux placo sain et bien fixé Collage possible après ponçage et primaire

En résumé, le doublage collé convient aux murs sains, secs et presque plans, et il donne un résultat net pour un budget réduit. Dès que le support pose question, l’ossature reste la valeur sûre. Dans tous les cas, soignez la préparation : c’est elle qui fait la différence entre un placo bien plat et un chantier à reprendre.

Partager cet article
Article publié par la rédaction de Lamaison Ideale.

A lire aussi

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *