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Quel disjoncteur pour alimenter un tableau secondaire : choisir le calibre selon le câble

Electricien en gants debout devant un coffret mural ouvert

Garage transformé en atelier, dépendance, extension de maison : dès qu’on ajoute un tableau secondaire, la question du disjoncteur de tête se pose au niveau du tableau principal. Le bon calibre dépend de trois éléments qui doivent rester cohérents : la puissance à alimenter, la section du câble et la longueur de la liaison. Voici comment les relier sans se tromper.

Quel disjoncteur mettre pour alimenter un tableau secondaire : la réponse en bref

Le disjoncteur d’alimentation se place au départ du tableau principal, sur un départ dédié. Son calibre est choisi d’après la section de câble cuivre qui relie les deux tableaux, jamais l’inverse. Pour un tableau divisionnaire courant en monophasé, trois associations reviennent le plus souvent.

Section du câble cuivre Calibre du disjoncteur Puissance théorique sous 230 V
6 mm² 32 A 7,4 kVA
10 mm² 40 A 9,2 kVA
16 mm² 63 A 14,5 kVA

Ces valeurs supposent un câble cuivre, une pose classique, une liaison de longueur raisonnable et une alimentation monophasée. La puissance théorique vient du calcul simplifié P = U × I. La puissance réellement disponible dépend aussi de la longueur, du mode de pose et de la puissance souscrite auprès du fournisseur.

Pour un petit tableau secondaire (quelques prises et de l’éclairage), un 32 A avec du 6 mm² suffit largement. Le 40 A associé à du 10 mm² convient à un atelier ou à une extension plus équipée. Le 16 mm² avec un 63 A se réserve aux besoins importants, après vérification de l’ensemble de l’installation.

Calculer la puissance du tableau pour dimensionner le disjoncteur

On part de la puissance absorbée par les appareils qui peuvent fonctionner en même temps, pas de la simple addition de tout ce qui est installé. L’intensité se déduit ensuite par I = P / U, avec U = 230 V. Il reste à ajouter une marge de 20 à 30 % pour absorber les ajouts futurs.

Prenons un garage-atelier : éclairage de 500 W, radiateur de 2 000 W, un circuit de prises où l’on utilise environ 1 500 W, et un compresseur de 2 200 W. En supposant que tout ne tourne pas au maximum simultanément, on retient environ 5 000 W. Cela donne 5 000 / 230, soit près de 22 A. Avec la marge, un calibre de 32 A s’impose, donc un câble de 6 mm².

Ce calcul ne remplace pas le bilan global du tableau principal (pour les chauffages, voir radiateurs branchés sur disjoncteur 20 A). Le nouveau départ s’ajoute aux circuits existants et l’ensemble doit rester compatible avec la puissance souscrite et le disjoncteur de branchement. Si le total frôle la limite, mieux vaut en parler avec un électricien avant d’acheter le matériel.

Faire correspondre le calibre du disjoncteur et la section de câble

Electricien gante tenant fil cuivre rouge pres tableau

Le rôle du disjoncteur est d’assurer la protection contre les surcharges et les courts-circuits. Son calibre doit donc rester inférieur ou égal à l’intensité que le câble peut supporter sans chauffer. Un calibre trop élevé pour la section du câble laisse l’isolant monter en température sans que rien ne déclenche, ce qui crée un risque d’incendie.

Le piège du 40 A posé sur du 6 mm²

Remplacer un disjoncteur qui saute par un calibre supérieur, sans changer le câble, est l’erreur la plus répandue. Si le disjoncteur déclenche, c’est le signe qu’il faut revoir la puissance demandée ou augmenter la section, pas relever le calibre.

La longueur de la liaison joue aussi. Sur une dépendance éloignée de 30 ou 40 mètres, la chute de tension devient sensible : les appareils tirent plus de courant pour la même puissance et le câble chauffe davantage. Dans ce cas, on monte d’une section (10 mm² au lieu de 6 mm²) tout en conservant un calibre de disjoncteur cohérent. Le mode de pose compte également : un câble encastré dans une paroi isolée évacue moins bien la chaleur qu’un câble en conduit à l’air libre.

Différentiel 30 mA et disjoncteurs divisionnaires du tableau secondaire

Le tableau secondaire a sa propre protection interne. On y installe un interrupteur différentiel 30 mA qui protège les personnes contre les contacts indirects, puis des disjoncteurs divisionnaires, un par circuit. Un différentiel de type A est recommandé dès qu’on branche des appareils électroniques, une plaque à induction ou une borne de recharge.

Les disjoncteurs divisionnaires suivent les règles habituelles : 10 A pour l’éclairage en 1,5 mm², 16 A pour les prises en 1,5 mm² ou 20 A en 2,5 mm², 32 A pour un circuit spécialisé en 6 mm². Ils sont en courbe C, adaptée aux usages domestiques. Le calibre de chacun doit rester inférieur à celui du disjoncteur de tête, sinon la protection amont ne sert plus à rien.

La sélectivité entre les protections évite qu’un défaut sur un petit circuit coupe tout le tableau. Si le tableau principal comporte un différentiel en amont, il doit être temporisé (type S, 300 mA) pour que le 30 mA du tableau secondaire déclenche en premier. Cette coordination se vérifie sur les fiches techniques du fabricant.

Normes NF C 15-100 et vérifications avant branchement

Tableau electrique gris avec disjoncteurs et cable vert jaune

La norme NF C 15-100 encadre le choix des protections, des sections et des repères de câblage. Elle impose en particulier une liaison de terre continue vers le tableau secondaire. Pour une dépendance séparée, la mise à la terre se vérifie avec attention : une prise de terre locale peut s’ajouter selon la configuration. Quant au Consuel, il est exigé pour une installation neuve ou entièrement rénovée. Pour une extension, il vaut mieux demander confirmation à l’électricien ou au distributeur.

Avant la mise sous tension, voici les contrôles à effectuer dans l’ordre :

  1. couper le disjoncteur de branchement et vérifier l’absence de tension avec un testeur adapté ;
  2. contrôler que la section de câble correspond au calibre du disjoncteur de tête ;
  3. serrer toutes les bornes, car un mauvais serrage provoque des échauffements ;
  4. repérer chaque circuit sur le tableau secondaire ;
  5. tester le bouton du différentiel 30 mA après la remise sous tension.

Après l’installation, trois signes doivent alerter : des déclenchements à répétition, un disjoncteur ou un câble chaud au toucher, des lumières qui faiblissent quand un appareil démarre. Ils traduisent souvent un calibre mal choisi, une section insuffisante ou une liaison trop longue. Pour un tableau qui dépasse 32 A, un circuit en triphasé ou un doute sur la terre, faites intervenir un électricien qualifié qui validera le dimensionnement et les mesures de sécurité.

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Article publié par la rédaction de Lamaison Ideale.

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